Ouverture des sens interdits aux vélos Bilan provisoire au 13 juillet 2011

 

Intérêt de la mesure 

 

           L’ouverture des sens interdits aux vélos offre plusieurs avantages pour tous les types d’usagers :

· Elle contribue à favoriser le vélo qui peut remplacer la voiture dans beaucoup de ses usages, au meilleur profit du climat de la planète et de la santé des utilisateurs. Les vélos occupent sensiblement moins de place sur la voie publique que les voitures, la dégradent beaucoup moins et sont donc une source d’économie pour les collectivités. Un usager venu à vélo en centre ville c’est une place de stationnement libérée pour ceux qui ne peuvent que se déplacer en voiture.

 

· Elle fait gagner du temps aux cyclistes qui prennent ainsi des raccourcis.

 

· Elle ralentit la circulation car les automobilistes savent maintenant qu’ils peuvent rencontrer des cyclistes en contre sens.

 

· Elle libère les trottoirs au profit des piétons car auparavant les cyclistes avaient tendance à remonter ces rues au ras des portes d’entrées ce qui insécurisait les personnes âgées et les mal voyants. Ces derniers doivent cependant prendre garde quand ils traversent car les vélos sont silencieux. Mais le danger est sensiblement le même que les vélos viennent d’un côté ou des deux. Les aveugles risquent toujours moins leur vie en rencontrant un vélo qu’une voiture, toutes les statistiques le démontrent. Rappelons enfin que seuls les cyclistes de moins de 8 ans peuvent rouler officiellement sur les trottoirs, pourvu de le faire au pas.

 

 

 

Historique :

 

  L’ouverture des sens interdits aux vélos est une pratique généralisée dans des villes comme Bordeaux et Strasbourg. Elle était permise depuis longtemps par le Code de la route pourvu que la largeur de la voie soit suffisante. Le CERTU préconise, sans l’imposer, 4 m disponibles quand la voie n’est pas parcourue par une ligne de bus et 4,50 m quand les vélos peuvent être en conflit avec des transports en commun.

C’est ainsi que le tronçon de la rue du jeudi compris entre la Grande Rue et la poste nous a longtemps été refusé puisque la voie ne mesure que 3,95 m.

La précédente municipalité avait ouvert un certain nombre de voies en commençant par la rue de Lancrel (pourtant large de 3,70 m à certains endroits). Sur l’insistance d’A Bicyclette, l’expérience avait été étendue à six autres petites rues.

 

  C’est alors que le décret du 31 juillet 2008 a généralisé les SUL à toutes les zones 30, sauf arrêté contraire dûment motivé pris par le Maire. La présence de stationnement ou la largeur des voies ne devait plus être un obstacle. Les communes avaient jusqu’au 1er juillet 2010 pour adapter leur réseau.

  Malgré notre insistance, Alençon n’était pas en conformité à la date buttoir. Une Commission de circulation stationnement a eu lieu en juin 2010 pour établir la liste des rues à ouvrir. 33 tronçons étaient concernés sur 64 en zone 30. La liste reprenait sensiblement celle que nous jugions sans danger mais de manière restrictive. Elle comprenait aussi des voies que nous estimions dangereuses comme le bas de la rue des Marais et la rue du 49 ème Mobiles.

Mais les aménagements promis n’ont été que partiellement réalisés en novembre 2010, beaucoup de ceux situés sur le territoire du CDL centre ville restent à faire.

Les services techniques ont choisi de compléter les panneaux qui étaient les seuls aménagements obligatoires par des quilles en plastique et des tronçons de bandes blanches. Ces ajouts se sont révélés utiles pour habituer les automobilistes à la présence des vélos. Comme tous les obstacles visuels, ils contribuent aussi à ralentir la circulation même en absence de deux roues. C’est un point positif qui profite à tous et particulièrement aux piétons (Dans certains endroits où les trottoirs sont absents ou encombrés (!), la bande cyclable est aussi fréquentée par des poussettes ou des grappes de piétons, ce qui ne dérange personne).

 

  Que cela soit à Alençon ou dans d’autres villes cette mesure n’a pas provoqué de hausse des accidents dans cette configuration, bien au contraire. Nous aimerions que les détracteurs virulents le reconnaissent. Quant-aux rares cyclistes qui en ont peur, ils ne prennent pas les sens interdits.

 

 

Bilan au 13 juillet 2011

 

  Aujourd’hui nous avons suffisamment de recul pour analyser le fonctionnement local des SUL et en déduire une suite de la programmation :

 

· Rues dans lesquelles le dispositif donne entière satisfaction :

 

Place du Champ du Roi (entre rue Sulpice et Noblesse) ; Garigliano, Grande Rue (de de L. De Tassigny à Clémenceau), A.M. Javouhey, Jeudi (de la Poste à la Grande Rue), Lancrel, Landon, Laperrière (reste à traiter la traversée du Bd Mézeray), Marguerite de Lorraine, Moulin de Lancrel, Noblesse, Porchaine, Sénatorerie, Sente du Milieu, Temple, Val Noble (tronçon proche de la Grande Rue), Camille Violand.

 

· Rues ouvertes qui s’avèrent dangereuses :

 

  Nous avons été interpellés plusieurs fois à propos de la rue du Marais. Certains se plaignent du virage au bas du logis de Saint Léonard mais la visibilité y est bonne. Par contre, la covisibilité est très mauvaises pour les vélos qui sortent de la rue des Marais pour s’engager vers leur droite dans la rue de Sarthe. Dans le sens inverse, des voitures pressées descendent de Montsort aux heures de pointe et obliquent dans la rue des Marais en rasant l’angle de l’hôpital. Elles tiennent à passer entre les voitures qui descendent à vive allure la rue de Sarthe quand le feu est vert. Même en tournant vers l’hôpital, leurs conducteurs continuent à surveiller les voitures qui descendent, pas les collégiens qui viennent de la rue du Marais.

 

sens-interdits-a-ouvrir-3332.jpg


 

Des voitures qui viennent de droite prennent leur virage à vive allure,

au raz du mur de l’hôpital, en roulant même sur le trottoir surbaissé,

sans covisibilité avec les cyclistes.


 

Il n’est pas logique que ces petites rues servent de raccourci aux automobilistes pressés qui veulent éviter les boulevards. Ce quartier exigu et touristique a une autre vocation.

 

  Pour résoudre ces problèmes, nous avons pensé proposer d’inverser les priorités au carrefour Granges / Sarthe  / Marais. Mais c’est hélas difficile car si on mettait un stop aux voitures qui viennent de Montsort, celles qui viendraient de la rue des Granges n’auraient pas la place de contourner les voitures à l’arrêt pour tourner à leur gauche.

  En conclusion, nous préconisons avec le CDL la suppression rapide du double sens cyclable du bas de la rue des Marais et la pose d’un casse vitesse dans le haut de la rue de Sarthe pour ralentir les chauffards qui prennent le feu vert trop vite.

 

  Dans la rue des Basses ruelles un virage est relativement dangereux quand des voitures y stationnent. Nous préconisons donc une bande jaune pour limiter l’arrêt des voitures. Cela ne devrait pas beaucoup gêner  les riverains, ils sont peu nombreux.

 

sens-interdits-a-ouvrir-3321.jpg


  Une cycliste nous a indiqué qu’elle se sentait en danger dans le virage de la rue Porchaine. Pourtant la visibilité est bonne. Cela ne nous semble pas suffisant pour une modification mais c’est à surveiller.

 

 

· Rues promises dans l’arrêté de juillet 2010 (ARVA 2010-479) concernant la zone 30 et que nous attendons avec impatience :

 

 

  rue Bourdon (2 tronçons) ;

  rue de L’Isle (entre bd République et A. Briand) ;

  rue Dr Becquembois (entre Cazault et Plénitre seulement) ;

  Dr Bailleul (entre Fuie des Vignes et Picquet) ;

    Place de la Halle au Blé (nous ne souhaitons que le tronçon qui prolonge la rue du Temple vers la rue Matignon).

 

 

 

· Rues promises dans l’arrêté mais pas encore ouvertes (au 20-6-11) et que nous considérons toujours comme dangereuses ou inutiles. Nous ne souhaitons pas leur ouverture :

 

  Becquembois (tronçon le long du parking du Plénitre). Nous encourageons les cyclistes à passer par l’allée du parking ;

 

  Place de la Halle au Blé (tronçon entre les Filles Notre Dame et la rue de Lattre). Les vélos remontant n’auraient pas de refuge entre les nombreuses voitures en stationnement ;

 

  49 ème Mobiles où les cyclistes descendant seraient en grand danger dans le virage du bas.

  rue Picquet (entre République et Dr Bailleul). Avis réservé sur ce tronçon en raison de la sortie d’écoliers pas toujours prudents. Tout dépend du plan de l’aménagement que nous n’avons pas vu ;

  Granges (entre Juiverie et de Sarthe). Avis réservé sur cette ouverture qui inciterait des cyclistes à continuer à prendre la rue des Marais même après sa fermeture souhaitée. 

 


· Rues en zones 30, refusées dans l’arrêté municipal mais que nous continuons à revendiquer, en conformité avec le décret de juillet 2008.


Elles sont étroites mais sans danger car jouissant d’une bonne covisibilité et d’une faible circulation :


  Rue du Change (entre Sulpice et Commune Libre) ;

 

  Rue Marquet : cette voie est intéressante pour passer de la Poste à de Lattre sans descendre la dangereuse 49 ème Mobiles. Un riverain s’y oppose en signalant un risque avec des voitures venant des Grandes poteries. Il a parfois été surpris en tant que piéton. Un plot en plastique habilement disposé dans le virage protègerait tous les modes doux.

 Marquet.JPG

 

 

Sulpice (dans le cadre d’une instauration de zone de rencontre) ;

 

  Rue Saint Pierre ;

 

  Rue Seurin : A ouvrir aux vélos dans le cadre d’une mise en zone de rencontre avec de vrais obstacles pour bloquer les véhicules qui descendent rapidement pour doubler le bouchon qui attend au feu du bas de la rue du Mans ?

 

  Poterne : rue idéale pour une zone de rencontre à 20 km/h. Le seul risque résiderait dans un manque de covisibilité à l’entrée du tunnel pour les vélos venant de la Maison d’Ozé. Il faudrait qu’ils se présentent bien dans l’axe de la voie pour contrôler les véhicules pouvant venir en face. Les piétons ont le même problème et il n’y a jamais d’accident car les vitesses sont lentes.

 

 

· Rues en zone 50 dont la largeur permettrait facilement une ouverture dans les deux sens :

 

  Albert 1er (seulement de la Place Candie à la rue de Courtilloles) : En cas de croisement difficile avec un bus, les cyclistes peuvent facilement se ranger entre les voitures en stationnement. Elles sont peu nombreuses sur ce tronçon. Le bas de la rue serait par contre très dangereux.

  Barillet : très intéressant pour rejoindre le haut de la rue de Bretagne (surtout si une piste cyclable est construite bd Colbert le long des prairies).

 

  Candie (seulement jusqu’au laboratoire départemental). Le tronçon proche de la rue de Bretagne est trop étroit.

 

  Cazault (au dessus de la Banque de France) : très intéressant pour remonter vers le quartier de la gare et Courteille sans passer par la rue Saint Blaise très pentue et sans passer par la Pyramide très dangereuse.

 

cazault-8.JPG

 

  Rue de Cerisé ;

 

  Rue F. Chopin (en face des pompiers) : raccourci intéressant et vraiment sans danger.

 

  Demi Lune : déjà très fréquentée par les cyclistes sur le trottoir de gauche. Voir le détail de l’aménagement proposé sur ce blog dans un article plus ancien.

 

  Gide (Ch.) : accès à Mézen ;

 

  Leboucher (vers l’avenue Leclerc) ;

 

  Lenoir Dufresne (tronçon de 20 m vers le rond point) : Très intéressant pour rejoindre le centre ville en descente douce à partir de la gare. Signaler le passage des vélos par une bande au sol. Visibilité excellente, vraiment sans aucun danger.

 

  Métée : ouverture très intéressante pour notre sécurité, pour un coût modique. Le sens interdit à ouvrir ne fait que 20 m. Les cyclistes qui veulent aller des feux du Châtelets aux Organisations agricoles pourraient, à distance égale, obliquer à leur droite dans la rue du Moulin de Lancrel. Ils prolongeraient par la rue Métée pour déboucher sans difficulté au rond point du lycée Alain. Ils éviteraient ainsi la pénible côte des feux de Lancrel / Colbert et le danger permanent du bd Mézeray. Cette ouverture garderait tout son intérêt si des pistes sont aménagées le long du bd Mézeray car le parcours par le sens interdit est beaucoup plus agréable sans le feu et sans la côte. Après réalisation, il faudra le baliser car c’est un parcours quasi inconnu des usagers.

 

Metee-plan.JPG


Metee.JPG 

 

Rue Marguerite de Navarre : visibilité parfaite dans cette rue large.

 

  Pavillon Ste Thérèse (tous les tronçons) ;

 

  Place du Point du Jour (tour du marché) ;

 

  Réservoirs : accès à St François pour les collégiens en retard venant de Courteille. Les adolescents le remontent beaucoup sur le trottoir en gênant les piétons ;

 

  Rousier.

 

 

Un réseau cohérent pour aller de l’avant

 

  Les ouvertures de l’automne 2010 constituent un progrès indéniable que nous reconnaissons, même si le bas de la rue du Marais doit impérativement être refermé. Cependant, ces travaux sont loin d’être terminés, ne serait-ce que pour être en conformité avec l’esprit du décret de juillet 2008.

 

  Pour avoir un réel impact sur la croissance du nombre de cyclistes, les ouvertures de sens interdits devraient s’accompagner d’une campagne de résolution des points noirs souvent situés sur des ronds points. Les deux premiers de la route du Mans sur lesquels nous avons eu à déplorer un mort à l’été 2010 sont emblématiques : les services techniques s’obstinent à vouloir y maintenir un traçage en anneau à la peinture pour les cyclistes.

· Le plus ancien tracé en forme de damier vert était à la rigueur acceptable.

 

· Celui en vigueur au moment de l’accident donnait la priorité aux véhicules qui sortaient du rond point. Le cycliste perdait sa priorité en continuant à tourner autour de l’anneau car il franchissait une ligne continue.

 

· Aujourd’hui, le cycliste tournant et l’automobiliste sortant franchissent tous les deux une bande discontinue. Qui est prioritaire ?

 

sens-interdits-a-ouvrir-3325.jpg


Ne serait-il pas plus simple d’effacer tous ces tracés annulaires pour que le vélo circule comme une voiture : à droite le long du trottoir quand il veut sortir, le long de la pelouse centrale quand il veut continuer à tourner.

Ce problème n’aurait pas cette intensité si tous les ronds points avaient été conçus comme celui du Parc Elan, le seul véritablement sans danger.

 

Il serait aussi logique de prévoir une continuité des parcours entre les communes.  « Le SCOT entend renforcer les déplacements doux en développant les itinéraires cyclables bien connectés les uns aux autres ». Chaque municipalité gère son réseau sans trop se soucier de l’intérêt des voisines. Saint Germain s’apprête à aménager ses bords de Sarthe et la rue de la Belle Charpente. Qu’en est-il de la suite sur Alençon (piste à créer rue du Gué de Gesnes jusqu’au collège en résolvant du même coup la sortie de l’école d’infirmières et passerelle sur la Sarthe à construire vers la piste à aménager dans l’arborétum) ?

 

Une réflexion nous avait aussi été promises à l’automne 2010 sur l’apaisement des zones 30. Celles-ci servent encore trop de raccourci en heures de pointe pour les automobilistes qui veulent éviter l’encombrement des boulevards. C’est flagrant dans l’enfilade rue du Collège, rue du château, rue de Sarthe, rue du Mans… Cela dissuade l’essor des circulations douces.

 

Qu’en est-il aussi de la mise en zone de rencontre à 20 km/h des toutes petites rues (Bonnette, Seurin, Sulpice…) et de la Grande Rue, avec véritable priorité aux piétons ?

 

Il sera intéressant de flécher un certain nombre de rues et passages car beaucoup de cyclistes ne connaissent pas les raccourcis tranquilles (ex : Moulin de Lancrel / Métée pour éviter le bd Mézeray.

 

Enfin, les cyclistes et les touristes aimeraient disposer d’un stationnement gardienné en centre ville quand ils roulent sur des vélos de qualité ou chargés. Nous avons publié sur notre blog dès le 1er avril 2008 le descriptif d’un tel parc grillagé et muni d’une gâche électrique manœuvrée par le gardien de l’Ecole de musique. Un parc du même type pourrait aussi être intégré à la nouvelle gare de bus, sous la surveillance tacite du personnel.

 

C’est dans ces conditions que la ville sera prête à accueillir les nouveaux cyclistes quand la probable hausse du prix de l’essence les dissuadera de prendre exclusivement leur voiture .

 

Lien pour télécharger ce dossier au format pdf pour une impression ou un envoi faciles :

lien de téléchargement du bilan des sens interdits

 

_______________________________

 

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *